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En me promenant sur la toile à la recherche de Tartin'art (Securibourse)

par fabrice @, samedi 04 février 2017, 18:07 (il y a 870 jours) @ fl1317

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Mercredi 26 octobre 2016 | interview
Jean-Philippe Girard, p.-d.g. d’Eurogerm : « Nous pourrions être intéressés par une acquisition en Allemagne »

Eurogerm vient de publier ses résultats pour le premier semestre de l’exercice 2016 (voir tableau). Quel bilan en tirez-vous ?

C’est un très bon millésime, comme diraient les Bourguignons, avec une progression sur nos trois secteurs d’activité, la meunerie, la panification et les avant-produits de pâtisserie. Et nos trois grandes zones géographiques, que sont la France, l’Europe et le grand export progressent également. Il est d’ailleurs intéressant de noter que le grand export dynamise le marché français, c’est-à-dire que l’activité internationale d’Eurogerm porte également l’innovation et le développement de la France. Depuis trois ans, la part du chiffre d’affaires d’Eurogerm à l’international représente plus de la moitié de l’activité. Et comme au premier semestre, nous devrions réaliser 60 % de notre activité à l’international cette année.

Et comment expliquez-vous la croissance de près de 20 % du résultat d’exploitation ?

Cette progression du résultat d’exploitation s’explique notamment par la montée en puissance de nos filiales. L’an dernier au contraire, nous avions fermé notre joint-venture commerciale en Chine, en raison du manque de maturité du pays sur nos marchés. Nous préférons nous concentrer sur le Japon et l’Asean pour l’instant. Et Problend, que nous avons racheté en 2014, a été gourmand en ressources humaines et en cash pour sa première année. L’acquisition de cette société implantée à Chicago et présente plutôt dans les améliorants pour pains et les « batter mix » (pâtes jaunes NDLR), nous permet non seulement d’accroître nos parts de marchés aux États-Unis, mais nous donne aussi un nouveau savoir-faire dans le domaine des pâtes jaunes, pour cakes, muffins, cookies, gaufres…

Un nouveau savoir-faire que vous comptez développer en France ?

Absolument. Nous commençons à le développer en Europe et en France, avec des propositions commerciales. Nous avons un gros programme de développement sur les pâtes jaunes, qui s’inscrit dans la durée pour répondre à l’augmentation de la demande. Cette activité représente pour l’instant 8 % environ de l’activité d’Eurogerm, le reste est fait en panification et meunerie. La pâte jaune est une activité intéressante qui touche la reformulation et que nous voulons développer pour répondre aux demandes de nos clients. Cette reformulation consiste à faire des produits aussi moelleux, mais moins sucrés, moins salés et moins gras, avec et sans gluten, sans allergènes… autant de problématiques qui sont vraiment le cœur du métier d’Eurogerm, qui sont toute son expertise.

Pourquoi avoir décidé d’introduire Eurogerm en Bourse en 2007 ?

Mes partenaires financiers présents à mes côtés depuis la création d’Eurogerm ont profité d’une date anniversaire pour sortir, ce qui nous permet aujourd’hui d’avoir 30 % de flottant environ. L’introduction sur Alternex a été un vrai palier, une bonne première étape pour l’entreprise. Elle nous a permis de finaliser l’installation du site de Saint Apollinaire, de nous implanter en Afrique du Sud, et même si le résultat n’a pas été très heureux, de créer la joint-venture en Chine et aussi de faire nos premiers pas aux États-Unis, puisqu’avant de racheter Problend, nous avions créé une filiale à Boston.

Comment Eurogerm finance son développement ?

Actuellement le développement de la croissance est financé pour partie en cash et pour partie en prêts bancaires. Nous conservons du cash pour avoir une certaine capacité de mouvement. Nous savons que l’avenir d’Eurogerm passe par l’innovation bien sûr, mais aussi par le développement à l’international et les acquisitions. La croissance externe fait partie intégrante de la stratégie de l’entreprise. Pour l’instant nous n’avons pas besoin de faire appel au marché, mais c’est une question qu’il va falloir se poser, en même temps que nous étudierons l’avenir d’Eurogerm.

Que regardez-vous en priorité quand vous étudiez un dossier de croissance externe ? Un nouveau savoir-faire ou plutôt une nouvelle implantation géographique ?

En fait, c’est un peu les deux, et voire même les trois, si l’on ajoute la notion de parts de marchés. Nous visons évidemment de nouvelles implantations géographiques, mais aussi l’achat de parts de marché, dans des endroits où nous ne sommes pas ou peu. Et nous sommes aussi intéressés par l’acquisition de nouveaux savoir-faire, autour des filières blé, farine, pain et avant-produits de pâtisserie.

Nous devrions être en mesure de saisir des opportunités de croissance externe dans les 18 mois qui viennent. La croissance externe est inscrite dans la stratégie d’Eurogerm. J’ai d’ailleurs créé une division, baptisée Ace, pour Alliance et croissance externe, avec une équipe de trois personnes dédiées. Nous pouvons aussi compter sur le soutien de notre nouveau partenaire Unigrains.

Quelles zones géographiques privilégiez-vous dans votre conquête de nouveaux marchés à l’international ?

En fait, nous avons un potentiel de développement partout dans le monde. Mais sous savons aussi que certains marchés, notamment en Asie, sont moins matures que les marchés européens notamment. L’Europe arrive en tête par ordre de maturité dans nos activités, suivie par l’Afrique qui est en plein développement et les États-Unis, mais aussi le Brésil, le Mexique et les pays andins.

En Europe, nous sommes très présents en Espagne, à travers une filiale de production et de commercialisation, de plus en plus en Italie et bien implantés au Portugal. Nous vendons aussi très bien nos produits en Allemagne, mais au départ de la France. Typiquement, nous pourrions être intéressés par une acquisition en Allemagne qui est le plus grand marché d’Europe de l’améliorant en panification. En outre, une présence en Allemagne nous ouvrirait les portes de l’Europe de l’Est et des pays nordiques, des marchés que nous commençons à attaquer. Et en Afrique, nous sommes bien implantés dans les pays du Maghreb et en Afrique noire avec notre base au Sénégal et en Afrique du Sud, via une joint-venture. Eurogerm réalise plus de 20 % du chiffre d’affaires sur le continent africain. Et avec Problend à Chicago, nous sommes maintenant dans une très bonne dynamique aux États-Unis, où Eurogerm devrait réaliser 10 % de son chiffre d’affaires en 2016.

Concernant la conquête de nouveaux marchés, tout dépendra des opportunités. Il faut trouver le bon interlocuteur métier sur place et après nous avancerons au fur et à mesure des acquisitions potentielles sur ces grands pays.

Quand et comment Eurogerm a démarré à l’international ?

J’ai créé Eurogerm en 1989 et nous avons commencé l’export en 1991. En fait l’exportation était dans ma culture, puisque j’étais auparavant en charge de l’export pour le groupe Inter Farine. Nous avons fait nos premiers pas seuls, ce qui est très coûteux. À l’époque, je disais que si nous n’avions pas 500 000 francs à mettre sur la table, il ne fallait pas y aller. Aujourd’hui, pour avoir une présence à l’export et un espoir de réussite, il faut compter entre 120 000 et 150 000 euros par an d’investissements, tout compris, c’est-à-dire avec le technico-commercial, les salons, les déplacements… Et il faut compter trois ans pour avoir les premières commandes.

Quelle part de son chiffre d’affaires Eurogerm consacre à la R & D ?

Je préfère parler de recherche, développement et applications. Une des particularités d’Eurogerm, consiste à pratiquer ce que j’appelle l’innovation décloisonnée, ce que font toutes nos unités. En fait, il s’agit de recherches en production, en comptabilité, en laboratoire, en fournil, sur le terrain… Tout cela représente un budget de 3 % environ par an. L’innovation est le moteur d’Eurogerm et il faut y consacrer des moyens. Sachant que les équipements pilotes notamment sont assez coûteux, notre budget R & D et applications a donc tendance à augmenter régulièrement.

Eurogerm est presque un producteur sur mesure pour ses clients. Nous avons recruté un directeur industriel qui apporte cette dimension et cette âme de producteur. Le passage du laboratoire à l‘usine est long et coûteux avant d’arriver à un produit commercialisable. Le cycle de recherche produit chez nous varie entre deux et cinq ans en moyenne. Nous avons évidemment un certain taux d’échec, mais qui nous permet de gagner en expérience. Quand nous arrivons à avancer un projet sur trois, nous sommes très heureux.

Où en est le développement de Tartin’Art, la franchise en restauration rapide autour du pain ?

Nous avons lancé deux boutiques, la première à Dijon il y a bientôt trois ans et une seconde à Paris, rue Montorgeuil. C’est une vitrine des savoir-faire d’Eurogerm, c’est aussi un laboratoire test auprès des consommateurs. Pour l’instant, nous avons mis en « stand-by » l’internationalisation de Tartin’Art parce que nous ne voulons pas entrer en concurrence avec nos clients. Nous verrons plus tard pour la phase deux du développement de ce concept.

Quels sont vos objectifs de résultats pour l’exercice en cours ?

Nous ne donnons jamais d’objectifs chiffrés. Je n’aime pas décevoir, je préfère les bonnes surprises. Nous allons continuer nos projets à notre rythme, sans faire de vagues. Je sais que nous pourrions toujours faire plus, mais nos clients apprécient la manière dont nous travaillons. Et nous n’avons pas à rougir de notre rythme de croissance du chiffre d’affaires qui ressort à 14 % en moyenne sur les cinq dernières années.

Propos recueillis par Perrine Delfortrie


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