survivre à l'effondrement (Securibourse)

par Graham ⌂ @, Luxeuil les Bains, samedi 09 mai 2020, 14:16 (il y a 66 jours) @ freezer
édité par Graham, samedi 09 mai 2020, 14:33

Bonjour Freezer,

Il était extrêmement difficile de prédire les crises, leurs moments, et comment elles se manifesteront. Elles résultent le plus souvent de déséquilibres structurels qui peuvent subsister très longtemps sans que jamais la crise ne se réalise. L'étincelle qui les provoque est presque chaque fois une crise soudaine de confiance. La mer se retire et le roi est nu.

Dans le cas présent, je doute beaucoup que la crise de production dans laquelle nous sommes entrés aboutisse à une crise systémique. Mais l'éventualité demeure. Comme chaque fois elle dépendra de la confiance. Comme écrit plus tôt, si tout le monde penche vers le même coté une tendance émerge. Personne n'est intéressé à un défaut du système. Donc, il ne surviendra pas sauf si l'inquiétude devient telle que plus personne ne croit à la viabilité mécanique de ce système. Il y a encore, me semble-t-il, de la marge bien qu'elle s'accourcisse au fur et à mesure de l'imperfection dans la résolution des crises antérieures et dans la cumulation des déséquilibres qu'elles ont provoqués.

Toutefois, il parait une évidence que ce système fondé sur une dette illimitée, une relativisation radicale de la valeur de la monnaie n'est pas viable. Il est de surcroît profondément immoral. La population veut de l'argent pour nourrir son matérialisme consumériste. Cet argent ne correspond pas à un travail fourni. Par le biais de l'endettement, le travail qui le remboursera sera celui des prochaines générations qui n'ont pas leur mot à dire. Quand eux-mêmes travailleront, leur travail sera ponctionné avant que d'être rémunéré. Faisant tel qu'on fait, on prépare l'appauvrissement et l'asservissement de nos enfants pour le bénéfice misérable d'un confort présent non mérité.

Ce constat révèle notre ignominie. Or, il s'agit précisément de cela. L'Occident n'a plus de ressort moral suffisant pour se perpétuer. Il ne fait plus d'enfants et plus encore il détruit l'avenir de sa progéniture. Bref il se suicide dans un matérialisme vide de tout sens qui donne comme horizon indépassable de la vie: la jouissance consumériste frénétique, ayant l'angoisse de la mort et le désespoir de mal vivre. Ce constat est symptomatique, tout comme l'est l'excès de dettes.

Ces choses ne sont pas inéluctables et, selon l'adage, tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Néanmoins la pente est là et prononcée et si nous ne nous réformons pas c'est bien là que nous irons inexorablement.

Que faire alors à titre personnel? Sauver sa peau tout en s'exposant aux risques pour profiter aussi des bienfaits du risque. C'est joli mais cela indique peu. La grande crise que j'imagine voir dans ma vie sera comme toutes les autres inattendue. J'observe que la valeur de tous les actifs est établie en rapport à la valeur de la monnaie et en rapport à l'étalon qui sert au placement sans risque, soient les dettes souveraines. Monnaie et dettes souveraines ont valeurs relatives dans un monde relativiste. On ne peut se fier à elles et donc non plus à la valeur de tous les autres actifs qui s'y rapportent et sont par conséquent surévalués. Cette surévaluation permet aux plus riches l'accaparement de la richesse tandis que les plus pauvres s'enfoncent dans la précarité et la dépendance.

Mon idée est en conséquence que quand ce château de sable s'effondrera, tous les actifs s'effondreront également. Sur quoi miser alors? Sur sa propre valeur. Sur ce qu'on est en mesure d'échanger avec les autres. Celui qui aura des capacités rares et nécessaires pourra les monnayer. Celui qui n'aura que des qualités ordinaires aura plus de mal. En matière de patrimoine, il convient de posséder sa propriété. De préférence à la campagne qui est plus sûre et moins chère, si possible à proximité d'une source d'eau et avec du terrain. Avec du terrain, on peut cultiver et élever. Autre précaution: des armes pour défendre sa propriété. Armes à feu ou armes blanches. Posséder encore des choses facilement monnayables: exemple quelques pièces d'or, des animaux, de la nourriture. Il faut également réfléchir à sa dépendance énergétique, la quantité de stock qu'il est nécessaire de conserver et de renouveler précautionneusement. Etre en mesure également de purifier l'eau et se soigner facilement. J'entends bien que l'on dira il est taré, il verse dans le survivalisme. Pas autant, néanmoins je suis prêt à tout, donc libre et complètement serein. Libre: quel luxe quand une partie importance de la population ne cesse de lui préférer la sûreté pour prix de sa servitude. Pour finir sur une pointe d'humour qui effraiera Rasko: tout est sauf, j'ai une bonne provision de PQ!

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Graham


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